Les enfants doivent-ils payer des frais de succession ?

09/03/2026
Les enfants doivent-ils payer des frais de succession ?

La question revient très souvent lorsque l’on parle d’héritage : les enfants doivent-ils payer des frais de succession ?
La réponse est à la fois oui et non. En France, la loi prévoit un système plutôt protecteur pour les enfants héritiers, avec des abattements importants et un barème progressif.
Bonne nouvelle : dans de nombreux cas, les droits de succession peuvent être faibles voire inexistants, notamment lorsque le patrimoine transmis reste raisonnable ou que certaines stratégies de transmission ont été mises en place.

Voici l’essentiel à comprendre simplement.

Les enfants bénéficient d’un abattement important

En France, chaque enfant bénéficie d’un abattement de 100 000 € sur la part qu’il reçoit dans la succession d’un parent.
Concrètement, cela signifie que les premiers 100 000 € hérités ne sont pas imposés.

Prenons un exemple simple :

  • un parent laisse 200 000 € à un enfant
  • les 100 000 premiers euros sont exonérés
  • les droits de succession sont calculés uniquement sur les 100 000 € restants

Si la succession est répartie entre plusieurs enfants, chacun bénéficie de cet abattement.

Par exemple :

  • 2 enfants héritent d’un patrimoine de 200 000 €
  • chaque enfant reçoit 100 000 €
  • grâce à l’abattement de 100 000 € chacun, aucun droit de succession n’est dû

Ce mécanisme permet de transmettre une partie importante de son patrimoine sans fiscalité.
Selon le site officiel de l’administration française, Service Public, cet abattement s’applique par parent et par enfant et peut être renouvelé tous les 15 ans dans le cadre des donations
(Service Public).

Au-delà de 100 000 €, un barème progressif

Si la part reçue par un enfant dépasse 100 000 €, les droits de succession sont calculés selon un barème progressif.
Les taux vont de 5 % à 45 %, mais dans la plupart des successions familiales classiques, le taux reste généralement autour de 20 % maximum.

Voici un aperçu simplifié du barème :

  • 5 % jusqu’à 8 072 €
  • 10 % jusqu’à 12 109 €
  • 15 % jusqu’à 15 932 €
  • 20 % jusqu’à 552 324 €

Cela signifie que la fiscalité augmente progressivement, et non brutalement.
En pratique, beaucoup de familles paient moins que ce qu’elles imaginent, notamment lorsque le patrimoine est réparti entre plusieurs enfants.
Le notaire est chargé de calculer précisément les droits de succession lors du règlement de la succession.

L’assurance vie : un outil très utilisé pour transmettre

Pour limiter les droits de succession, de nombreux Français utilisent l’assurance vie, qui bénéficie d’un cadre fiscal avantageux.

Avant 70 ans, chaque bénéficiaire peut recevoir jusqu’à 152 500 € sans droits de succession.
C’est l’une des raisons pour lesquelles l’assurance vie reste le produit d’épargne préféré des Français, selon la Fédération France Assureurs.

Parmi les contrats populaires :

  • ceux de BNP Paribas
  • les contrats proposés par Crédit Agricole
  • ou encore les offres digitales de fintech comme Yomoni ou Nalo

Les contrats en ligne se distinguent souvent par des frais plus faibles, tandis que les contrats bancaires proposent parfois un accompagnement patrimonial plus personnalisé.
Certains cabinets de gestion de patrimoine, comme Primonial, combinent également assurance vie et stratégie de transmission pour optimiser la fiscalité familiale.

Les donations permettent aussi de réduire la fiscalité

Un autre levier important consiste à transmettre progressivement de son vivant.
En France, chaque parent peut donner 100 000 € à chacun de ses enfants tous les 15 ans sans impôt.

Un couple peut donc transmettre :

  • 200 000 € par enfant tous les 15 ans sans fiscalité.

Cette stratégie permet de réduire fortement la base taxable au moment de la succession.
Certaines banques privées ou sociétés de gestion, comme Rothschild & Co ou Lazard Frères Gestion, accompagnent leurs clients dans ce type de planification patrimoniale.
Même sans patrimoine très élevé, anticiper la transmission peut faire une vraie différence.

Beaucoup de successions ne paient finalement pas d’impôt

Contrairement à une idée reçue, toutes les successions ne sont pas fortement taxées.

Plusieurs facteurs réduisent souvent les droits :

  • les abattements familiaux
  • le nombre d’enfants héritiers
  • les donations réalisées avant le décès
  • l’utilisation de l’assurance vie

Selon les données du ministère de l’Économie, une grande partie des transmissions familiales restent faiblement imposées, voire totalement exonérées.
L’essentiel est souvent d’anticiper un minimum et de se faire accompagner si nécessaire.

En résumé

Les enfants peuvent payer des droits de succession, mais la fiscalité française prévoit plusieurs protections importantes :

  • 100 000 € d’abattement par parent et par enfant
  • un barème progressif
  • des outils d’optimisation comme l’assurance vie ou les donations

Avec un peu d’anticipation, il est souvent possible de transmettre une part significative de son patrimoine à ses enfants avec une fiscalité limitée.
Et surtout, chaque situation étant différente, un notaire ou un conseiller patrimonial peut aider à clarifier les options.

Sources