Pourquoi laisser son argent dormir coûte de plus en plus cher aux Français

Si investir était aussi simple que commander un panier en ligne, le débat n’existerait plus. En quelques clics, tout serait réglé : comparaison, choix, validation, et résultat visible immédiatement. Mais dans la vraie vie, c’est rarement aussi fluide. Et c’est précisément là que le problème commence.
Aujourd’hui, de plus en plus de Français laissent leur argent dormir, souvent sur des comptes courants ou des produits d’épargne très peu rémunérés. Le réflexe paraît rassurant : l’argent est disponible, sans risque apparent. Pourtant, dans un contexte d’argent qui dort inflation, cette stratégie a un coût bien réel — même s’il est invisible au quotidien.
L’inflation : un ennemi discret mais constant
L’inflation, c’est l’augmentation générale des prix. Concrètement, cela signifie qu’avec la même somme d’argent, on achète moins de biens et de services qu’avant. Cette perte de pouvoir d’achat ne se fait pas en un jour : elle s’installe lentement, année après année.
Lorsque votre argent ne rapporte rien — ou presque — il ne suit pas la hausse des prix. Résultat : sa valeur réelle diminue. Autrement dit, même si le chiffre affiché sur votre compte bancaire ne bouge pas, ce que vous pouvez réellement faire avec cet argent, lui, recule.
Les institutions comme la Banque de France ou l’INSEE rappellent régulièrement que l’inflation n’est pas une anomalie passagère, mais un phénomène économique structurel. Ne pas en tenir compte revient à fermer les yeux sur une partie de la réalité.
Épargne et inflation : une équation trompeuse
Beaucoup de Français pensent encore : « Je préfère ne rien gagner plutôt que de prendre un risque. » Cette logique est compréhensible, mais incomplète. Car avec l’inflation épargne, ne rien gagner peut déjà signifier perdre.
C’est là qu’intervient la notion de rendement réel. Il s’agit du rendement d’un placement une fois l’inflation déduite. Par exemple :
- un produit qui rapporte 2 % par an,
- avec une inflation à 4 %,
- donne en réalité un rendement réel de -2 %.
Même sans volatilité apparente, l’épargne s’appauvrit. Et cette mécanique touche particulièrement les sommes laissées sur des supports non rémunérés ou faiblement rémunérés.
Le vrai frein n’est pas la théorie, mais l’exécution
Sur le papier, beaucoup de gens savent qu’il faudrait « faire quelque chose » de leur argent. Le problème n’est pas le manque d’information générale. Le problème, c’est l’exécution.
- Chercher des solutions.
- Comparer des offres.
- Comprendre des termes financiers.
- Fournir des documents.
- Prendre un rendez-vous.
Pris séparément, ces efforts semblent modestes. Mais mis bout à bout, ils deviennent décourageants. Résultat : on remet à plus tard. Et plus tard devient parfois jamais.
Pendant ce temps, l’inaction continue de produire ses effets. Dans un environnement inflationniste, rester immobile revient parfois à reculer.
Repenser la notion de risque
Il est important de poser une question simple : où se situe réellement le risque ? Uniquement dans l’investissement ? Ou aussi dans l’inaction ?
Laisser son argent dormir peut donner une impression de sécurité, mais c’est une sécurité nominale, pas réelle. Le chiffre reste stable, mais le pouvoir d’achat diminue. À l’inverse, certaines solutions d’investissement — même prudentes et diversifiées — cherchent justement à compenser l’inflation sur le long terme.
Il ne s’agit pas de tout placer, ni de prendre des risques inconsidérés. Il s’agit de comprendre qu’il existe un équilibre possible entre prudence et efficacité.
Une approche plus simple et plus progressive
Bonne nouvelle : investir n’est pas réservé aux experts ni aux patrimoines importants. Aujourd’hui, de nombreuses approches visent justement à réduire la complexité, à automatiser certaines décisions et à accompagner pas à pas.
- Commencer petit.
- Avancer progressivement.
- S’informer sans se noyer dans le jargon.
C’est souvent plus efficace que d’attendre « le bon moment » ou la solution parfaite.
En conclusion
Laisser son argent dormir n’est pas un choix neutre. Dans un contexte d’inflation durable, c’est parfois un choix coûteux. Comprendre le lien entre argent qui dort inflation, inflation épargne, rendement réel et perte de pouvoir d’achat, c’est déjà reprendre une partie du contrôle.
Investir ne devrait pas être vécu comme une prise de risque aveugle, mais comme une réponse pragmatique à une réalité économique. Et même de petits pas peuvent, sur la durée, faire une grande différence.