Quels sont les inconvénients d’un PER ? Ce qu’il faut vraiment comprendre avant d’investir

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) est devenu l’un des produits d’épargne les plus mis en avant en France pour préparer sa retraite. Créé par la loi PACTE en 2019, il séduit de nombreux épargnants grâce à son avantage fiscal immédiat : les versements peuvent être déduits de votre revenu imposable.
Mais comme pour tout produit financier, il est important d’en comprendre les avantages… et les limites avant de se lancer. Alors, quels sont réellement les inconvénients d’un PER ? Et dans quels cas ce produit reste malgré tout intéressant ? Voici une explication simple et claire.
Le principal inconvénient : la fiscalité à la sortie
Le point le plus souvent évoqué concerne la fiscalité lors de la récupération de l’argent.
En effet, l’avantage fiscal dont vous bénéficiez à l’entrée n’est pas un cadeau définitif : c’est en réalité un report d’imposition.
Concrètement, lorsque vous déduisez vos versements de votre revenu imposable, vous payez moins d’impôts aujourd’hui… mais vous serez imposé au moment où vous récupérerez votre épargne à la retraite.
Si vous choisissez une sortie en rente
Si vous décidez de transformer votre PER en rente viagère (c’est-à-dire un revenu régulier versé jusqu’à votre décès), celle-ci sera ajoutée à vos revenus imposables.
Elle bénéficie toutefois d’un abattement de 10 %, comme les pensions de retraite classiques.
Autrement dit :
- 90 % de la rente est ajoutée à votre revenu imposable
- elle est soumise au barème de l’impôt sur le revenu
Cette fiscalité peut être moins avantageuse si votre niveau d’imposition reste élevé à la retraite.
Une fiscalité différente si vous sortez en capital
L’une des innovations du PER par rapport aux anciens produits retraite (comme le PERP) est la possibilité de sortir en capital, c’est-à-dire récupérer tout ou partie de l’épargne en une seule fois.
Mais là aussi, la fiscalité dépend de ce que vous avez choisi à l’entrée.
Si vous avez déduit vos versements de vos revenus, alors :
- le capital correspondant aux versements est imposé au barème de l’impôt sur le revenu
- les gains sont soumis à la flat tax de 30 %
Selon votre situation fiscale à la retraite, cela peut être plus ou moins avantageux.
Pour mieux comprendre les règles détaillées, l’administration fiscale propose une explication claire sur le site officiel : https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F34982
Un produit d’épargne relativement bloqué
Un autre inconvénient souvent cité concerne la disponibilité de l’épargne.
En principe, l’argent placé sur un PER est bloqué jusqu’à la retraite. C’est d’ailleurs ce qui permet de bénéficier de l’avantage fiscal.
Il existe néanmoins quelques cas de déblocage anticipé :
- achat de la résidence principale
- invalidité
- décès du conjoint
- surendettement
- fin de droits au chômage
- liquidation judiciaire
Malgré ces exceptions, le PER reste moins flexible qu’une assurance vie, qui permet de récupérer son argent à tout moment.
Assurance vie vs PER : deux logiques différentes
Pour comprendre le PER, il est utile de le comparer avec l’un des placements préférés des Français : l’assurance vie.
L’assurance vie proposée par des acteurs comme AXA, Crédit Agricole, BNP Paribas Cardif ou Generali offre généralement :
- une liquidité totale
- une fiscalité avantageuse après 8 ans
- une grande souplesse pour transmettre son patrimoine
En revanche, elle ne permet pas de déduire les versements de ses impôts, contrairement au PER.
Le PER, distribué notamment par Boursorama Banque, Linxea, Amundi, Yomoni ou Placement-direct, repose sur une logique différente : optimiser l’impôt aujourd’hui pour préparer la retraite demain.
Selon votre situation, les deux produits peuvent donc être complémentaires plutôt que concurrents.
Les frais peuvent varier selon les établissements
Comme pour la plupart des produits financiers, les frais peuvent varier fortement d’un PER à l’autre.
Certains contrats proposés par des banques traditionnelles peuvent inclure :
- frais d’entrée
- frais de gestion
- frais d’arbitrage
À l’inverse, certaines fintech ou courtiers en ligne comme Yomoni, Linxea ou Placement-direct proposent des PER avec peu ou pas de frais d’entrée et une gestion plus digitalisée.
Avant d’ouvrir un PER, il est donc important de comparer les contrats, car les frais peuvent impacter la performance sur le long terme.
L’Autorité des marchés financiers (AMF) recommande d’ailleurs de toujours analyser les frais avant d’investir : https://www.amf-france.org/fr/espace-epargnants
Un produit surtout intéressant pour les contribuables fortement imposés
Malgré ces limites, le PER peut être très pertinent dans certaines situations.
Il est particulièrement intéressant pour les personnes :
- imposées dans les tranches à 30 %, 41 % ou 45 %
- souhaitant réduire leur impôt immédiatement
- préparant activement leur retraite
Par exemple, un épargnant imposé à 41 % qui verse 5 000 € sur un PER peut réduire son impôt d’environ 2 050 €.
Cet avantage fiscal immédiat peut représenter un levier puissant d’optimisation patrimoniale.
C’est pourquoi de nombreux cabinets de gestion de patrimoine comme Primonial, Crystal, Harvest ou Selexium recommandent souvent le PER dans une stratégie globale d’épargne.
Faut-il éviter le PER pour autant ?
Pas du tout.
Comme beaucoup de placements, le PER n’est ni bon ni mauvais en soi : tout dépend de votre situation.
Il peut être particulièrement intéressant si :
- vous êtes fortement imposé aujourd’hui
- vous pensez être moins imposé à la retraite
- vous souhaitez vous constituer une épargne longue durée
En revanche, si vous privilégiez la flexibilité et la disponibilité de votre argent, l’assurance vie ou le compte-titres peuvent être plus adaptés.
L’essentiel reste de diversifier son épargne et de ne pas mettre tous ses placements dans un seul produit.